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Bref historique du Spiritisme au Canada

  • canadianspiritistc
  • 13 mars
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 mars

Le Spiritisme, tel que codifié par Hippolyte Léon Denizard Rivail, qui adopta le pseudonyme Allan Kardec, repose sur la croyance en un Dieu unique, la recherche du perfectionnement moral et spirituel, la communication avec les Esprits par l'intermédiaire de médiums et la réincarnation comme processus d'évolution spirituelle continue. Comprendre ses racines historiques permet de situer le mouvement spirite dans le paysage spirituel et culturel en pleine évolution du Canada.


La doctrine spirite est apparue en France au XIXe siècle et s'est ensuite largement répandue en Amérique latine, en particulier au Brésil et à Cuba. Cependant, plusieurs de ses idées fondamentales ont atteint l'Amérique du Nord plus tôt, en grande partie grâce au mouvement spiritualiste qui a pris de l'importance à la suite des événements associés aux sœurs Fox au milieu du XIXe siècle. Si le Spiritualisme et le Spiritisme partagent un intérêt commun pour la communication avec le monde des esprits, ils diffèrent considérablement dans leur structure et leur objectif : le spiritualisme s'est développé principalement comme un mouvement centré sur les phénomènes médiumniques, tandis que le Spiritisme est apparu comme une doctrine organisée intégrant la recherche scientifique, la réflexion philosophique et les enseignements moraux. Des pratiques telles que les séances médiumniques, les tables tournantes et l'utilisation de planches Ouija sont devenues courantes et populaires dans certains cercles sociaux et intellectuels aux États-Unis et au Canada. Le mouvement a atteint une popularité considérable; on sait notamment que le président américain Abraham Lincoln s'intéressait aux pratiques spirites1.


Bien que le Spiritisme soit relativement récent au Canada, où il ne s'est implanté qu'au cours des dernières décennies, les idées spirites ont toujours été présentes dans le pays à travers les cultures des Premières Nations, qui sont profondément enracinées dans une relation interdépendante avec leur terre et la nature et qui étaient considérées davantage comme un mode de vie que comme « une simple religion »2. Bien que leurs visions spirituelles du monde partagent de nombreuses similitudes avec le spiritualisme et le Spiritisme, elles sont distinctes, et il est essentiel de noter que leurs traditions anciennes, diverses et autonomes reconnaissent depuis longtemps l'interconnexion entre les mondes matériel et spirituel, avant même les cadres religieux et philosophiques européens. En tant que religion ou philosophie, de nouveaux concepts ont émergé plus tard, introduits par les spiritualistes européens à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, à la suite de l'ouverture créée par l'affaire des sœurs Fox. Parmi les personnalités les plus influentes qui ont marqué le mouvement au Canada, on peut citer Sir Arthur Conan Doyle3, le créateur de Sherlock Holmes, qui a visité le pays à quatre reprises entre 1894 et 1923. Lors de deux de ces visites, il a parcouru le pays pour défendre et expliquer les concepts spiritualistes4. Conan Doyle a également participé à des séances médiumnique, dont une organisée chez le Dr Thomas Glendening Hamilton, médecin et membre de l'assemblée législative du Manitoba5.


Au-delà des conférences publiques et des défenseurs de renom, le Spiritualisme a également imprégné les sphères culturelles et artistiques du Canada. Ses idées ont trouvé un écho auprès d'écrivains, d'artistes et d'interprètes qui ont exploré des thèmes spirituels dans le cadre de réflexions plus larges sur l'identité, la créativité et le sens6. Des écrivains tels que Flora MacDonald Denison et Lucy Maud Montgomery, autrice d'Anne... La Maison aux pignons verts, le Dr Maurice Bucke, fondateur de la Faculté de médecine de l'Université de Western Ontario, et l'inventeur Alexander Graham Bell auraient manifesté un intérêt pour les pratiques spiritualistes7. L'artiste plasticien Lawren Harris8, membre du Groupe des sept, ainsi que l'acteur contemporain Dan Aykroyd, ont également reconnu l'influence spirituelle dans leur travail.


Le cas le plus controversé et le mieux documenté au sujet du Spiritualisme au Canada concerne William Lyon Mackenzie King, le premier ministre qui a occupé ce poste le plus longtemps et l'un des plus respectés du pays9. King participait régulièrement à des séances de médiumnité menées par des médiums tels qu'Etta Wriedt où il était accompagné par le Dr Thomas Glendening Hamilton. Ses journaux intimes, publiés à titre posthume, révèlent qu'il croyait avoir communiqué avec les Esprits de personnages historiques, notamment Léonard de Vinci, Wilfrid Laurier, sa mère et son grand-père, ainsi que l'ancien président américain Franklin D. Roosevelt. Les chercheurs s'accordent généralement à dire que King cherchait dans ces expériences un réconfort et du soutien personnel plutôt que des conseils politiques mais, selon ses propres manuscrits, il a souvent suivi les conseils de « l'au-delà » et agi selon les instructions données par sa défunte mère ou selon les signes mystiques qu'il voyait partout10.


Bien que le mouvement spiritualiste au Canada ait atteint son apogée au début des années 1900 et après la Première Guerre mondiale, il a depuis connu un déclin du nombre de ses adeptes. Il continue d'exister aujourd'hui en tant que religion, phénomène culturel et, pour certains, sujet de recherche. Le Spiritisme, compris comme une religion, une science et une doctrine philosophique, est apparu dans les années 1990 et a connu une croissance considérable au Canada au cours des deux premières décennies du nouveau millénaire. Cette expansion est étroitement liée à l'arrivée d'immigrants brésiliens, qui ont apporté avec eux une tradition spirite bien établie. Ancrés dans l'éthique chrétienne, les enseignements spirites sont désormais largement diffusés à tous les Canadiens par le biais d'activités en personne et particulièrement par le biais de plateformes en ligne à travers le pays, ce qui permet de surmonter les distances géographiques, les barrières linguistiques et la dispersion des communautés, tout en permettant des liens durables avec les centres spirites au Brésil et à travers le monde.


Au cours des deux dernières décennies, une institutionnalisation et une diversification progressive des organisations spirites ont eu lieu dans tout le pays. Plusieurs groupes et associations spirites ont été créés dans de nombreuses villes canadiennes, notamment Toronto, Montréal, Québec, Vancouver, Calgary, Edmonton, London, Winnipeg et Halifax. Bon nombre de ces organisations sont des organismes sans but lucratif ou des organismes de bienfaisance enregistrés, affiliés au Conseil Spirite Canadien (CSC)11, fondé en 2008. Le CSC sert d'organisme de coordination pour le mouvement spirite au Canada et est membre du Conseil Spirite International (ISC)12. Ces organisations proposent généralement des conférences publiques (en personne et en ligne), des services religieux, des programmes éducatifs pour les adultes, les jeunes et les enfants, des ateliers, des passes spirituelles (imposition des mains). D'autres groupes restent indépendants, entretenant souvent des liens étroits avec les centres spirites brésiliens, la Fédération spirite brésilienne ou les fédérations spirites régionales au Brésil.


Les exemples suivants illustrent la diversité géographique et organisationnelle des centres spirites actuellement actifs au Canada. Il s'agit notamment du Joanna de Ângelis Spiritist Group (Toronto, actif depuis 1996), du centre Justice Amour et Charité (2000) et du Centre d'études spirites Fraternité (2005) à Montréal, du Centre d’étude spirite de Québec (2006), de la Toronto Spiritist Society (2010), de l'Allan Kardec Vancouver Society (2012), ainsi que de la Fraternity Spiritist Society de Calgary (2015), du Centre spirite Allan Kardec de London, en Ontario (2022).


Au fond, le Spiritisme met l'accent sur la transformation morale et le progrès spirituel par le biais d'une conduite éthique, du perfectionnement personnel et du service aux autres. Bien que bon nombre de ses principes soient anciens, ils sont présentés dans un cadre organisé qui offre clarté, réconfort et sens. Le Spiritisme ne prétend pas être la religion du futur, mais parle plutôt de l'avenir des religions dans leur ensemble. Son avenir au Canada reste ouvert à tous, ses enseignements continuent de servir de source d'orientation et d'espoir au milieu des transformations spirituelles et sociales en cours dans notre monde.


Par Lucas Brasil

Chair du Centre Spirite Allan Kardec de London, ON, et directeur du comité de communication du CSC.


Avec la collaboration de Monica Malta

Éducatrice pour enfants et jeunes au Centre Spirite Allan Kardec de London, ON, et directrice du comité des événements du CSC.



1 Maynard, N. C. (1891). Was Abraham Lincoln a spiritualist? Or, curious revelations from the life of a trance medium. Rufus C. Hartranft.


5 Nickels, James B. "Psychic Research in a Winnipeg Family: Reminiscences of Dr. Glen F. H

amilton", Manitoba History. 55 (June 2007): 52

7 Levine, Allan (2011). King: William Lyon Mackenzie King: a Life Guided by the Hand of Destiny. Vancouver, BC: Douglas & McIntyre. pp. 247. ISBN 978-1-55365-560-2.

9 Levine, Allan (2011). King: William Lyon Mackenzie King: a Life Guided by the Hand of Destiny. Vancouver, BC: Douglas & McIntyre. ISBN 978-1-55365-560-2.

10 Wagner, Anton. (2024). The Spiritualist Prime Minister. Vol. 1, Mackenzie King and the New Revelation. Vol. 2, Mackenzie King and his Mediums. ISBN-10: 1786772647 / ISBN-13: ‎ 978-1786772664

 
 
 

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